Sont organisés des débats locaux dont le principe repose sur une brève introduction de l’animateur ou l’animatrice sur le thème proposé. Les questions « La démocratie, quels avenirs, pour quoi faire? » et « Les révolution cognitives, quelles conséquences pour les institutions? » ont été posées et débattues. Ces rassemblements sont une préfiguration des groupes de proximité et plus tard des assemblées citoyennes locales.
Quelques enseignements tirés de l’écoute des participant(e) aux réunions tenues à Montceau Les Mines et à Thonon.
- favoriser l’expression de professionnels ou praticiens préoccupés par la « perte de l’expertise » au sein de certaines institutions alors même que les compétences y sont présentes. Les effets pervers de la logique managériale probablement…Un constat à mettre entre les oreilles des psychosociologues.
- la lucidité pour considérer le nécessaire recul par rapport aux idéologies, en mentionnant par exemple que les écologistes de la vie politique institutionnelle sont d’accord que sur une seule chose, l’abandon du nucléaire alors que le mix énergétique est devenu une évidence pour la majorité.
- l’adhésion à la nécessité de rester à distance de la vie politique locale pour mieux s’y engager avec pertinence au moment opportun pour les citoyennes et citoyens qui souhaiteront s’investir victorieusement dans la gestion communale avec le préalable d’une vision politique. Le cahier de doléances a été évoqué comme un support utile.
Les questions formulées ont été celles du comment mobiliser une jeunesse smartphonisée, des croyants en dehors de leurs communautés religieuses, des travailleurs non syndiqués après leur temps de travail, les citoyens silencieux hors de leurs canapés, combattre les préjugés et les identités clivantes. L’association avait synthétisé ces interrogations sur sa première page en affirmant que la capacité collective d’agir était notre problème pour des actions urgentes. Page d’ouverture. https://craac.org/
Des idées de projets ont été énoncées:
1/ créer une « école » permanente pour le développement de la responsabilité citoyenne. Cette idée est en cours de conceptualisation dont la lecture collective se tiendra à Montceau du 25 au 27 mars
2/ de satisfaire et sécuriser les besoins alimentaires pour tous et la sécurité sociale de l’alimentation en cours d’expérimentation en France pour se détacher de la grande distribution. Nous avons reçu suite à l’adhésion de l’un de nos cofondateurs à réseau salariat, un rapport avec des recommandations pour une sécurité alimentaire au prix juste.https://www.civam.org/ressources/thematiques-groupes/alimentation-thematiques-groupes/linjuste-prix-de-notre-alimentation-quels-couts-pour-la-societe-et-la-planete/
3/ de consulter et de faire voter les résidents étrangers à titre expérimental au plan local et intercommunal,
4/de fournir un « revenu universel d’existence inconditionnel minimum» ou /et« un salaire à la qualification » précédé par une « allocation universelle de 0 à 18 ans ».https://craac.org/la-souverainete-sur-les-outils-de-productions-et-la-creation-monetaire-pour-securiser-les-parcours-de-vie-de-chacun-a-tout-age/
En somme, il s’agirait de revisiter des idées qui ne se sont pas transformées par le passé faute d’organisations suffisamment influentes pour les traduire dans des actes. Il a été rappelé que des cahiers de doléances avaient été écrits mais enfermés dans des placards. La volonté commune à la fin du mouvement des « gilets jaunes » fut celle de voir le référendum d’initiative citoyenne trouver enfin sa place dans la constitution et parmi les outils démocratiques.
Suite à ces débats, la pensée a pris la forme de cette carte https://craac.org/la-democratie-directe-ou-ouverte-comme-une-condition-necessaire-a-lorganisation-des-changements. La tension des espaces et du temps, source de notre rapport à la gouvernance, se traduit dans le champ du politique par une autre tension : celle de l’orientation de chacun dans le vivre ensemble avec celle de se situer dans les lieux et milieux que nous traversons et habitons. Pour se faire, penser, agir et s’organiser demeurent les actes en continu et permanents. Se questionner, analyser les données, les informations, les interpréter pour démarquer ce qui relève de l’universel et du singulier, du général et du particulier demandent du temps au quotidien et pour certains une vie. Nous essayons alors de nous poser dans divers lieux que nous voulons privilégier : le quartier, la commune, le département, la région, la nation, l’international si nous nous référons au découpage politico administratif. Ces lieux peuvent se composer avec des arts comme la poésie, le cinéma, l’histoire des idées, les sciences du vivant pour comprendre nos évolutions, nos abandons, nos oublis. Tous ces lieux distincts vont être hiérarchiser pour composer les identités individuelles en mouvement et devenir communes par les rencontres dans le temps à vivre. Ce temps se compose lui-même par une simultanéité du temps passé, présent et futur. Le politique devient alors un assemblage d’êtres qui définissent des buts communs. La politique institutionnelle va devoir les comprendre et les hiérarchiser selon d’autres critères de démarcation qui feront naître des rapports non plus de tensions mais de forces car il faudra non seulement accéder à des pouvoirs mais surtout vouloir gouverner des biens et des services communs. En somme, le politique est le moment du don, de la donation de soi et la politique le moment du choix donc des sacrifices, des abandons temporaires. L’idéal moral, éthique, démocratique et républicain serait de sacrifier personne et de prendre soin de chacune et chacun pour une « paix perpétuelle » qu’avait imaginé E.Kant. Voici pourquoi à partir de la démocratie représentative, confortable pour la quasi-totalité des personnes, bâtir une démocratie de conjugaison ou différenciée impose une élévation des responsabilités dans tous les lieux et milieux que nous habitons par le corps et l’esprit.
Un projet d’école financé par un fond de dotation est en cours de gestation sur trois socles. Le premier est celui des révolutions cognitives assimilées ou non par les humains et leurs médiations sociales. Le second est celui de la conflictualité au sein des organisations et le troisième sur les pratiques de résolution de problèmes. Cette école instruira et formera des gouvernants présents et futurs, soucieux d’animer en responsabilité aux diverses échelles des territoires ainsi que toutes les organisations centrées sur la gestion des communs.
Si vous n’êtes pas encore adhérent, il convient de remplir le formulaire https://craac.org/compte-dadherent/niveaux-dadhesion/ ou nous écrire contact@craac.org pour nous poser une question préalable.
Beaucoup d’initiatives à l’échelle de la démocratie locale, en voici une que vous découvrirez en tapant sur ces liens :